Dernière mise à jour : mardi 8 octobre 2019

Docteur Renaud BOUGEARD,Neurochirurgie,La Sciatique,La Névralgie Cervico-brachiale,L'Arthrodèse Lombaire,L'Hydrocéphalie,La Biopsie Stéréotaxique,Les Tumeurs Cérébrales,L'Adénome Hypophysaire, myelopathie cervicarthrosique, neurostimulation medullaire, compressions medullaires, canal lombaire étroit

FICHES INFOS

CANAL LOMBAIRE ETROIT

 

La colonne lombaire comporte 5 vertèbres, chaque vertèbre lombaire est unie avec son homologue supérieur et inférieur (avec la douzième vertèbre thoracique en haut pour la première vertèbre lombaire et la première vertèbre sacrée en bas en ce qui concerne la cinquième vertèbre lombaire) par trois articulations  :
- une articulation antérieure médiane entre les corps vertébraux qui sont séparés par le disque intervertébral
- deux articulations postérieures (une de chaque côté de la ligne médiane) entre les apophyses articulaires.
L’empilement des cinq vertèbres lombaires forme le canal rachidien lombaire qui contient la portion terminale de la moelle épinière (au-dessus du disque entre la première et la deuxième vertèbre lombaire) et la queue de cheval en dessous, constituée des nerfs sensitifs et moteurs destinés aux membres inférieurs, à la vessie, au rectum et aux organes génitaux.
Le canal rachidien lombaire est limité par le disque en avant, les articulations latéralement, de l’os (lame) recouvert d’un ligament (le ligament interlamaire) en arrière.

Qu’est-ce qu’un canal lombaire étroit ?

Le diamètre du canal lombaire peut être rétréci par l’arthrose, pouvant provoquer un débord du disque (discopathie), une augmentation du volume des articulations postérieures (hypertrophie articulaire) ou un épaississement du ligament. Ce phénomène peut être favorisé par la présence d’un canal lombaire étroit constitutionnel (congénital) et aggravé par le glissement d’une vertèbre sur l’autre (listhésis).
Ce rétrécissement est responsable d’une mise à l’étroit des nerfs, qui s’irritent lors des marches prolongées et rendent la marche difficile (claudication). Les symptômes passent souvent après un repos assis ou en flexion lombaire vers l’avant.

Quelle est l’évolution naturelle du canal lombaire rétréci ?

Une fois l’arthrose installée, il n’y a pas de retour en arrière spontané vers la guérison. La décompression des nerfs ne peut être réalisée que de manière mécanique par une chirurgie.
Cependant, les nerfs s’adaptent souvent longtemps à l’étroitesse qui s’installe très progressivement. Les douleurs peuvent rester longtemps peu intenses et peu invalidantes et être contrôlées par les médicaments, voire une infiltration.
En revanche, il ne faut pas attendre l’installation de déficit moteur (perte de force dans les jambes) car leur récupération est incertaine une fois installée, malgré la décompression par la chirurgie (lésion nerveuse irréversible).

En quoi consiste la chirurgie ?

Il n’y a pas de technique chirurgicale univoque, mais globalement il existe 2 techniques : l’ablation de toute la portion postérieure osseuse et ligamentaire des vertèbres (laminectomie) ou la conservation d’une portion des lames et des ligaments (recalibrage interlamaire). Ces 2 techniques sont souvent associées à l’ablation de la partie interne des articulations postérieures (arthrectomie). Ces gestes peuvent être complétés si nécessaire d’une exérèse de hernie discale ou d’un débord du disque.
La chirurgie est relativement simple s’il s’agit d’une première intervention ; elle peut être très difficile si le patient a déjà été opéré à ce niveau en raison de la cicatrice fibreuse liée à la précédente intervention qui gêne la dissection des éléments nerveux contenus dans le canal rachidien et augmente le risque de lésion radiculaire ou de brèche durale.

Quelles sont les suites classiques de cette intervention ?

Le patient est en général levé dans les 24h suivant l’intervention et le retour à domicile est souvent rapide (1 à 3 jours en moyenne). Les douleurs sont principalement liées à la cicatrisation des muscles lombaires et nécessitent la prise de médicaments antalgiques pendant quelques jours. La difficulté à la marche est souvent résolue dès les premiers levers, en l’absence de lésion neurologique irréversible.

Quels sont les risques de cette intervention ?

Comme toute intervention chirurgicale, elle comporte des risques (y compris un risque vital).

Ces risques sont de trois ordres  :

- liés à la technique anesthésique en général et expliqués par l’anesthésiste

- liés à toutes les interventions chirurgicales, par exemple : infection post opératoire, retard de cicatrisation, défaillance d’un organe vital (cœur, poumon…), phlébite des membres inférieurs pouvant se compliquer d’embolie pulmonaire, hématome du site opératoire etc…Ce type de complication est imprévisible mais certains facteurs de risques sont liés à l’état général du patient

- spécifiquement liés à la nature de l’intervention. Sans être exhaustif, d’autant plus qu’il peut se produire une complication qui n’a encore jamais été décrite, en voici quelques exemples  :

- risque neurologique (rare) : lésion d’un nerf ou d’une racine au contact desquels travaille le chirurgien. La lésion peut survenir lors de la dissection des éléments nerveux (plus difficile comme on l’a déjà dit en cas de reprise chirurgicale) ou lors de la mise en place du matériel d’ostéosynthèse. Cette complication se traduit par un déficit sensitif et/ou moteur dans le territoire correspondant. Le déficit peut intéresser les membres inférieurs, la commande vésicale ou anale, les fonctions génitales et sexuelles. Enfin, un déficit neurologique peut apparaître exceptionnellement lors de la formation d’un hématome post-opératoire, comprimant les racines nerveuses et justifiant son évacuation.
- risque de brèche durale (rare) : réalisation d’un trou dans l’enveloppe (dure-mère) qui entoure les nerfs et le liquide céphalo-rachidien. Il en résulte une fuite momentanée de liquide céphalo-rachidien et il est nécessaire de la suturer immédiatement. Exceptionnellement, malgré une fermeture étanche per-opératoire de la brèche, l’écoulement peut réapparaître et former une collection sous la cicatrice (méningocèle) ou le liquide peut s’évacuer au travers de la cicatrice (fistule), motivant une reprise chirurgicale pour réaliser une nouvelle suture.
- risque vasculaire (exceptionnel) : une lésion d’une artère ou d’une veine du petit bassin et de l’abdomen peut se produire, elle impose la plupart du temps une réparation immédiate dès qu’elle est constatée. Ce risque est plus important en cas d’abord antérieur et peut parfois justifier une transfusion sanguine.
- persistance des douleurs : il peut arriver que le patient souffre encore après l’intervention. La persistance de douleurs lombaires est très fréquente et liée à l’arthrose diffuse qui ne peut être guérie par le geste chirurgical. La persistance de douleur des jambes, plus rare, est souvent liée à la présence de rétrécissements foraminaux irritant un ou plusieurs nerfs, qui ne peuvent être décomprimés sans risquer une instabilité de la colonne vertébrale et nécessiter une ostéosynthèse (mise en place de vis et tiges), geste que le chirurgien a jugé trop lourd par rapport aux bénéfices attendus.

 

 

 

Fiche de la Société de Neurochirurgie Française modifiées par le Dr Renaud Bougeard (http://neurochirurgie.nursit.com/)

visuel sciatique