Dernière mise à jour : mardi 8 octobre 2019

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NÉVRALGIE CERVICO-BRACHIALE     >>Télécharger le fichier (PDF)

 

La colonne cervicale comporte 7 vertèbres, articulées entre elles en 3 points (un disque à l’avant et deux articulations postérieures). L’empilement des vertèbres cervicales forme le canal rachidien cervical qui contient la moelle épinière, responsable de nombreuses fonctions neurologiques (sensibilité et motricité des 4 membres, fonction cardiaque, fonction respiratoire, fonction des sphincters urinaire et anal…). Une racine nerveuse sort latéralement entre chaque vertèbre, de chaque côté, par un trou (foramen) et est responsable de la sensibilité, d’un territoire spécifique pour chaque racine nerveuse et donc peut provoquer de la douleur dans ce même territoire si elle est irritée.

Qu’est-ce qu’une névralgie cervico-brachiale ?

La névralgie cervico-brachiale est la conséquence de l’irritation mécanique d’une ou plusieurs racines nerveuses, le plus souvent provoquée par une hernie discale cervicale ou une dégénérescence du disque (discopathie dégénérative) avec formation de proliférations osseuses (les ostéophytes) venant au contact des racines. La racine est alors inflammée et les douleurs irradient dans le bras.

Quelle est son évolution naturelle ?

Le traitement médical (anti-douleurs, anti-inflammatoires, voire kinésithérapie) est capable dans un très grand nombre de cas de guérir cette réaction inflammatoire sans qu’il soit nécessaire d’enlever la compression qui l’a provoquée. Ce n’est qu’en cas d’échec du traitement médical bien conduit pendant plusieurs semaines, de caractère hyperalgique ou de signes de souffrance radiculaire que le traitement chirurgical doit être réalisé.

En quoi consiste la chirurgie ?

L’objectif de l’intervention est de supprimer la cause mécanique de la réaction inflammatoire pour permettre une guérison rapide et si possible définitive des symptômes.

L’intervention est réalisée par voie antérieure, au travers d’une courte incision cutanée pratiquée à la face antérieure du cou, le plus souvent à droite. Le chirurgien aborde la colonne cervicale en refoulant la gaine qui contient les gros vaisseaux du cou (veine jugulaire et carotide), le nerf pneumogastrique et la gaine qui contient la trachée et l’œsophage. Par un contrôle radiologique réalisé au cours de l’intervention on vérifie le niveau du disque exploré. En cas de hernie discale, il sera pratiqué son exérèse et l’ablation complète du disque correspondant. En cas de discopathie dégénérative, le chirurgien pratiquera l’ablation des résidus de disque et l’abrasion des ostéophytes compressifs ce qui est un geste plus long et plus compliqué.
Une fois la décompression de la racine réalisée, il faut reconstituer l’espace intervertébral. Pour cela, on utilise réalisa le plus souvent une arthrodèse en utilisant un substitut osseux placé dans une cage en métal ou polymère biocompatible. Plus rarement, une prothèse peut être proposée pour conserver la mobilité des articulations (s’il s’agit d’une hernie discale sans arthrose associée et qu’un seul niveau est envisagé), voire un montage mixte.

Quelles sont les suites opératoires classiques ?

Le patient est levé précocement. La sortie de l’établissement se fait souvent dès le lendemain. En général, la douleur du bras est soulagée dès le réveil de l’anesthésie. Le patient ressent parfois quelques douleurs au niveau de l’incision cutanée ou au niveau de la nuque (en relation avec la traction exercée par la cage sur la capsule des articulations postérieures), ainsi que quelques difficultés pour déglutir liées à l’écartement des voies aériennes et digestives, sans caractère de gravité et d’évolution rapidement favorable.

Les résultats de cette chirurgie sont habituellement excellents. Il peut arriver que des douleurs persistent, différentes des douleurs préopératoires, quand l’intervention a été réalisée tardivement et que se sont installées des lésions irréversibles de la racine nerveuse, la levée de la compression mécanique exercée sur la racine ne suffit pas dans ce cas à faire disparaître tous les symptômes. Les douleurs du rachis cervical qui relèvent d’un mécanisme différent, peuvent persister, notamment en cas d’arthrose postérieure. Elles sont habituellement suffisamment soulagées pour améliorer le confort de vie. S’il existe avant l’intervention des déficits neurologiques sensitifs ou moteurs (maladresse de la main, perte de la force musculaire…) leur amélioration est plus lente et pas toujours totale.

Quels sont les risques de la chirurgie ?

Comme toute intervention chirurgicale, celle-ci comporte des risques (y compris un risque vital).

Ces risques sont de trois ordres :

* liés à la technique anesthésique en général et expliqués par l’anesthésiste

* liés à toutes les interventions chirurgicales en général, par exemple : infection post opératoire, retard de cicatrisation, défaillance d’un organe vital (cœur, poumon…), phlébite des membres inférieurs pouvant se compliquer d’embolie pulmonaire, hématome du site opératoire etc…Ce type de complication est imprévisible mais certains facteurs de risques sont liés à l’état général du patient

* spécifiquement liés à la nature de l’intervention. Sans être exhaustif, d’autant plus qu’il peut se produire une complication qui n’a encore jamais été décrite, en voici quelques exemples :
- risque neurologique (rare) : lésion d’un nerf ou d’une racine nerveuse en la décomprimant, ce qui se traduit par un déficit sensitif et/ou moteur dans le territoire correspondant du bras. Un autre nerf exposé lors d’une voie d’abord antérieure est le nerf récurrent, qui assure la motricité du larynx : son atteinte entraîne une modification de la voix qui devient “ bitonale ” et perd sa modulation. Cette atteinte est habituellement régressive en quelques semaines (le nerf n’a pas été coupé mais simplement contus par un écarteur). Elle nécessite un peu de rééducation, exceptionnellement un petit geste chirurgical au niveau de la corde vocale paralysée. Quelques rares cas d’atteinte de la moelle épinière elle-même ont été rapportés dans la littérature.
- hématome : rarement, comme dans toute intervention, un hématome peut se former dans les suites opératoires. De façon exceptionnel, s’il est volumineux et en raison de la proximité de la moelle épinière et de la trachée, il peut provoquer un déficit moteur ou des difficultés respiratoires pouvant justifier son évacuation au bloc opératoire.
- risque vasculaire : une lésion d’un vaisseau du cou (artère ou veine) peut se produire lors de l’abord chirurgical. Selon les possibilités de réparation immédiate, l’importance du vaisseau concerné et la nature de l’organe vascularisé, il peut n’y avoir aucune conséquence ou nécessiter une simple transfusion, ou au contraire avoir des conséquences graves, pouvant mettre en jeu le pronostic vital ou fonctionnel et être responsable notamment d’un AVC. Quelques rares cas ont été rapportés dans la littérature alors que plusieurs dizaines de milliers d’interventions de ce type sont réalisés en France chaque année sans aucun incident de ce type.
- risque digestif et respiratoire : lors d’un abord antérieur, la rétraction en dedans l’œsophage et la trachée explique la petite gêne à la déglutition sans conséquence et d’évolution favorable observée dans quelques cas. Des complications plus graves peuvent être observées en cas de lésion d’un de ces organes et qui dans ce cas impose une réparation immédiate ou différée.
- risque lié au matériel utilisé (rare) : des risques spécifiques peuvent naître de la nature du matériel implanté :
- en cas de greffes prélevées sur le patient : infection, hématome du site donneur, séquelles douloureuses ou esthétiques au niveau de la cicatrice…
- mobilisation, expulsion ou fracture du greffon ou du substitut osseux.
- selon le matériel utilisé : rupture, déplacement, déformation etc…

 

Fiche de la Société de Neurochirurgie Française modifiées par le Dr Renaud Bougeard (http://neurochirurgie.nursit.com/)